Bienvenue sur le site de l'église orthodoxe Saint Irénée à Marseille

PAQUES 2016

 

 

DISCOURS CATÉCHÉTIQUE EN OUVERTURE DU SAINT ET GRAND CARÊME 2016. No de protocole 284 DISCOURS CATÉCHÉTIQUE EN OUVERTURE DU SAINT ET GRAND CARÊME † BARTHOLOMAIOS PAR LA GRÂCE DE DIEU ARCHEVÊQUE DE CONSTANTINOPLE-NOUVELLE ROME ET PATRIARCHE ŒCUMÉNIQUE À TOUT LE PLÉRÔME DE L’ÉGLISE QUE LA GRÂCE ET LA PAIX DE NOTRE SEIGNEUR ET SAUVEUR JÉSUS CHRIST, AINSI QUE NOTRE PRIÈRE, BÉNÉDICTION ET ABSOLUTION SOIENT AVEC VOUS

 

 

 

 Frères et enfants bien-aimés et bénis dans le Seigneur, En affirmant, sous l’inspiration divine, la miséricorde et les prescriptions du Seigneur, le saint psalmiste introduit nous les croyants orthodoxes au « mystère » du saint et grand Carême : « Le Seigneur accomplit des actes de justice, il fait droit à tous les exploités » (Ps 103, 6). Car le Seigneur « nourrit de ses biens notre vigueur, et nous rajeunit comme l’aigle » (Cf. ibid., 5). Nul n’ignore, frères et enfants dans le Seigneur, que chaque être humain, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, est un sanctuaire du Seigneur. Combien plus nous, qui sommes baptisés et oints au saint chrême, qui sommes greffés sur l’olivier franc de l’Église orthodoxe, sommes des sanctuaires de l’Esprit Saint qui est en nous, même si, par de multiples péchés, voulus ou involontaires, nous nous éloignons du Seigneur. « Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle. » (II Tm 2, 13.) Toutefois, la souillure du péché empêche la Grâce du Saint-Esprit d’opérer en nous. C’est pourquoi notre sainte Eglise orthodoxe a instauré la période de jeûne du saint et grand Carême pour nous purifier par la pénitence et nous montrer dignes de recevoir les Souffrances vivifiantes et la Résurrection radieuse de notre Seigneur Jésus Christ. Le poète du grand Canon, saint André de Crète, nous interpelle : « Viens, ô mon âme misérable, avec ta chair, confessetoi au Créateur de toutes choses et éloigne-toi désormais de ta préalable déraison, puis offre à Dieu des larmes dans le repentir » (tropaire ode 1.) Veillant à notre salut et à notre perfectionnement spirituel, l’Église ouvre à tous ses membres le temps présent de la pénitence, tout en les exhortant à combattre la vie fondée sur les biens matériels et la cupidité qui, comme un « lourd fardeau », captive l’âme dans la poussière et la fait traîner par terre, incapable de s’élancer vers le ciel et le royaume de Dieu. Ainsi, grâce à la pénitence et aux larmes purificatrices, de nouveau nous revêtons la beauté originelle et le vêtement tissé par Dieu dont nous avons été dépouillés après la chute « revêtus du vêtement de la honte comme des feuilles du figuier». En même temps, jeûner, s’abstenir d’aliments et renoncer à « des vaines réflexions et des pensées perverses » constituent le point de départ pour gérer correctement, avec mesure et prudence, les biens matériels, dans l’optique du profit commun, de façon à éliminer les retombées de l’usage immodéré de ces biens sur l’environnement social et naturel et à garder uniquement le « jeûne de miséricorde » non pas pour faire droit aux exploités, mais pour leur apporter miséricorde, grâce et soulagement et pour accéder « à la ressemblance de Dieu » (Basile le Grand). De la sorte, par l’usage modéré, la matière et notre vie sont sanctifiées, puisque la matière corruptible n’est pas un but en soi, mais un moyen de sanctification. Par conséquent, pour les riches ayant et possédant du verset évangélique, le jeûne doit être un prétexte à la continence dont le but final est tout à la fois « déborder d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint », selon la parole de saint Paul l’apôtre des nations (cf. Rm 15, 13) et fixer les yeux sur les pauvres « du nom de Lazare » qui vivent aujourd’hui partout dans l’humanité ou qui sont dans la situation de réfugiés. Hormis cela, il ne faut pas oublier, bien-aimés frères et enfants, le véritable esprit du jeûne et de la continence qui nous rend agréables au Seigneur, comme l’apôtre Jacques nous enseigne en disant : « la religion pure et sans tache devant Dieu le Père, la voici : visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse ; se garder du monde pour ne pas se souiller. » (Jc 1, 27.) Car, nous n’obtiendrons la grâce offerte abondamment par le jeûne et la continence uniquement et simplement en nous privant peu ou prou de nourriture : « Or, vous jeûnez tout en cherchant querelle et dispute et en frappant du poing méchamment ! Vous ne jeûnez pas comme il convient. » (Es 58, 4.) « Doit-il être comme cela le jeûne que je préfère (…) n’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé ? Et encore : les pauvres sans abri, tu les hébergeras, si tu vois quelqu’un nu, tu le couvriras (…) » dit et exhorte notre Seigneur par la voix de Son prophète (Es 58, 5-7.) Aujourd’hui tout spécialement, la crise économique, la situation des réfugiés et les multiples difficultés surgies au niveau mondial, surtout chez certains peuples et dans certains pays, fournissent aux Orthodoxes la possibilité de cultiver cet esprit authentique du jeûne, associant la privation de nourriture aux œuvres de charité et de solidarité envers nos frères qui sont dans le besoin, les malades, les nécessiteux et les affamés, les sans abris et les réfugiés ceux qui n’ont pas « où poser la tête » (Mt 8, 20), ceux que les circonstances dures de la guerre, des épreuves et des détresses forcent à quitter leurs foyers ancestraux et à prendre la route au milieu de nombreux dangers, de souffrances et de labeurs. Lorsque notre jeûne est accompagné d’un tel accroissement de miséricorde et d’amour envers l’un de ces plus petits qui sont frères du Seigneur, sans distinction de race, de religion, de langue et d’origine, alors celui-ci monte directement vers le trône de Dieu comme un parfum suave et des anges nous y assistent, comme ils servaient le Seigneur dans le désert. De tout cœur, nous souhaitons paternellement et fraternellement que l’arène du saint et grand Carême qui s’ouvre soit fructueux et sanctifiant pour tous, plein de grâce et de sanctification et que Dieu nous permette de nous approcher sans empêchement de l’éternel calice vivifiant, le côté vivifiant d’où jaillit pour nous le double fleuve de la rémission des péchés et de la connaissance. » (Le grand Canon, tropaire ode 4.) Que la Grâce et l’infinie Miséricorde de Dieu soient avec vous tous, frères et enfants, pour accueillir dans cet état d’esprit évangélique la fête des fêtes et la liesse des liesses, la Résurrection de notre Seigneur Jésus Christ, à Qui appartiennent gloire, puissance, adoration et action de grâce maintenant et dans les siècles et des siècles. Amen.

 

 

Saint et Grand Carême 2016 † Bartholomaios de Constantinople fervent intercesseur devant Dieu de vous tous.

 

Le fondateur de la Paroisse : le Père Cyrille Argenti


Né en 1918, d'origine grecque, le Père Cyrille Argenti fut moine et prêtre à Marseille pendant plus de 40 ans. Il a fondé la paroisse francophone Saint-Irénée et participé au dialogue oecuménique ainsi qu'à de nombreuses actions en faveur des plus pauvres. Il a également été un membre actif de l'ACAT (Association des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) et de la Fraternité orthodoxe en Europe Occidentale. Il est décédé le 21 novembre 1994.

 

Le parrain de la paroisse fut M. Alexandre Yakimansky (1890-1993).

Père Cyrille et Alexandre Yakimansky
Père Cyrille et Alexandre Yakimansky

Saint Irénée de Lyon : Né en Asie Mineure, Saint Irénée fut le disciple de Saint Polycarpe. Il vint en Gaule et prit la succession de Saint Photin vers 177 à la tête de l'évêché de Lyon. Il fut le premier grand auteur ecclésiastique d'Occident et à l'origine d'un grand mouvement d'évangélisation de la Gaule.