Historique de la paroisse

Saint-Irénée, une église orthodoxe de langue française.

par Père Cyrille, Article publié dans le journal "Orthodoxes à Marseille", n°1, en octobre 1985.

 

Alors que les églises orthodoxes existant à Marseille ne sont souvent qu'à moitié remplies, pourquoi en avoir construit une nouvelle ? C'est sans doute une question qui est venue à l'esprit de nombreux de fidèles de nos églises et, à laquelle, il convient de répondre très clairement.

Les églises orthodoxes, antérieures à Saint-Irénée, étaient des églises grecques ou russes, c'est à dire que l'on y célébrait - et que l'on y célèbre – les offices orthodoxes en grec ou en slavon, à l'usage de fidèles dont les parents ou les grands-parents avaient le grec ou le russe pour langue maternelle. C'est dire que ces fidèles se sentent chez eux dans ces églises. Telle est bien la tradition de l'église orthodoxe : l'Eglise doit être le lieu où l'on se sent à l'aise, où l'on communique librement avec le Père Céleste dans la langue que l'on parle avec ses parents et ses amis. La Parole de Dieu nous atteint alors droit au cœur, et la réponse d'action de grâces, " d'eucharistie ", de louange, jaillit joyeusement, chantée avec naturel avec des paroles qui viennent du cœur.

Ce dialogue entre Dieu et son peuple ne s'improvise cependant pas. Il y a une façon " droite " (en grec, orthos) de rendre gloire (en grec, doxa) à Dieu, une façon " orthodoxe ", authentique, de transmettre la prédication des Apôtres et de vivre en communion avec le Christ. L'image du Christ doit être transmise sans la moindre distorsion, ou déformation, par l'Eglise à tous les peuples de tous les temps, dans toutes les langues. Nombreux sont ceux qui pressentent dans l'Orthodoxie la plénitude de la Vie en Christ, la cohérence parfaite de la révélation divine. Ce qui les rassemble alors dans l'Eglise - qu'ils soient d'origine française, grecque ou russe - c'est leur foi orthodoxe en Christ crucifié et ressuscité, vivant dans son Eglise et y répandant son Saint Esprit.

Ils découvrent avec émerveillement que l'Eglise Orthodoxe a une raison d'être en ce doux pays de France, que la dispersion des Orthodoxes en Occident est un événement providentiel, que nos pays occidentaux - et la France en particulier - ont besoin du témoignage de l'Orthodoxie pour retrouver une vie chrétienne équilibrée, harmonieuse, cohérente, alimentée par la visitation du Saint-Esprit.

Ils découvrent que l'unité des Chrétiens ne peut se réaliser sans le catalyseur orthodoxe, qui permet aux Catholiques et aux Protestants - au-delà de leurs controverses séculaires et des guerres de religion - de retourner aux sources communes de leur foi.

Des Orthodoxes ainsi motivés veulent pouvoir participer pleinement à la Divine Liturgie, dont ils devinent l'infinie richesse. Or, s'ils ne comprennent pas le grec ou le slavon, ces langues - pourtant merveilleusement rodées à l'usage liturgique - font écran entre Dieu et eux. Une Eglise Orthodoxe où Dieu leur parle dans leur propre langue, et où ils peuvent lui répondre en chantant avec naturel dans cette même langue, est pour eux une nécessité vitale. On ne peut pas plus imposer aux Orthodoxes français l'usage liturgique du grec ou du slavon que l'on ne pourrait imposer aux Orthodoxes de Grèce, ou de Russie, ou de Roumanie, l'usage du français dans leurs églises.

De même que Saint Cyrille et Saint Méthode avaient traduit les offices orthodoxes de grec en slavon - transmettant du même coup au monde slave le Trésor qu'ils recèlent -, de même qu'ils furent ensuite traduits en roumain, et en finnois à l'usage des Finlandais, de même il fallait les traduire en français, pour l'édification des Orthodoxes français.

LES FRANCAIS AUSSI ONT LE DROIT D'ETRE ORTHODOXES :

voilà pourquoi il fallait à Marseille une Eglise Saint-Irénée!

 

 


Au début du XX° siècle
Au début du XX° siècle
Le bâtiment de nos jours
Le bâtiment de nos jours